Archives pour la catégorie Mens sana in corpore sano

Une véritable éducation politique du sentiment est seule garante d’une bonne santé mentale et physique

Antonella Banaudi : L’âme musicale

belcantoJe voudrais commencer en rappelant le concept de Percy Bysshe Shelley, tel qu’il l’exprimait dans sa Défense de la poésie  : « Les poètes… accompagnent vers le beau et le vrai cette appréhension partielle des agences du monde invisible… Le poète participe de l’éternel, de l’infini, de l’Un : par rapport à ses conceptions, il n’y a ni temps, ni espace, ni nombre. »

Antonella Banaudi, cantatrice italienne de grande renommée et professeur de chant, 2-3 juillet 2011, conférence de l’Institut Schiller à Rüsselsheim, Allemagne, Sauver l’humanité de l’abîme.

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Le contrepoint dans le Henry V de Shakespeare

HenriVIntroduction

Août-septembre 2013 : nous sommes probablement passés très près d’une guerre mondiale. Bien que chacun sache depuis longtemps que les « preuves » de l’existence des armes nucléaires de Saddam Hussein, utilisées pour justifier une attaque contre l’Irak en 2003, étaient frauduleuses, aujourd’hui beaucoup de nos concitoyens, par ailleurs opposés à une intervention militaire en Syrie, ont quand même cru que Bachar al Assad avait utilisé des armes chimiques contre la population de son pays. Comment ? En voyant des images et des vidéos dans les médias et sur Internet, montrant des Syriens morts présentant les symptômes caractéristiques de l’usage de telles armes. Ces images tinrent lieu de preuve de la culpabilité du dictateur, et permirent à certains chefs d’Etat d’exiger une attaque immédiate contre la Syrie, en violation du droit international. 

Pourtant, montrer qu’un crime a été commis est une chose, prouver la culpabilité de son auteur en est une autre. Lire la suite

L’empire barbare vu par Shakespeare dans Titus Andronicus

Saturne« Avec un couteau, [le rebelle syrien] perfore le torse [du cadavre d’un soldat] et découpe deux organes avant de les exhiber devant la caméra en déclarant : ’Nous jurons devant Dieu que nous mangerons vos cœurs et vos foies, soldats de Bachar le chien’. »

(Daily Mail, 14 mai 2013)
Argument

Les mercenaires romains d’hier et les bandes de terroristes d’aujourd’hui ont un même maître : un empire oligarchique qui tente de se maintenir depuis des siècles au détriment de l’humanité. Depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours, cet empire a été essentiellement perse, romain, vénitien et britannique. Lire la suite

Descartes, la prison analytique de la pensée française

oeilDescartesCet article a été initialement publié dans la revue Fusion N° 65 de mars/avril 1997. Ce texte s’inspire des récents travaux de Lyndon LaRouche, philosophe de sciences et économiste américain. Notamment Les Mathématiques de la réversibilité temporelle et Au sujet de Dieu.

En mille neuf cent quatre-vingt seize, on fêtait le quatre centième anniversaire de la naissance de René Descartes (1596-1650). Reste-t-il encore quelque chose à dire ? Des spécialistes ont analysé son œuvre, la presse en a parlé, les colloques se sont succédés tout au long de l’année pour honorer celui dont le nom évoque, à lui seul, la France !   Lire la suite

Auguste Comte : sociologie et contrôle social

auguste-comteLe positivisme est une composante majeure, bien qu’inaperçue la plupart du temps, de la pensée scientifique contemporaine. Et ceci vaut aussi bien pour les sciences dites humaines comme la sociologie, que pour les sciences dites « dures » comme la physique. Or, cette philosophie repose essentiellement sur la mise en place d’une pseudo religion opposée par principe à la découverte scientifique. L’article qui suit invite donc chacun à s’interroger sur ce qu’il pense être un « fait scientifique ». Lire la suite

Le Timon de Shakespeare ou la corruption d’Athènes

urneC’est à l’époque de la montée au pouvoir de Jacques 1er sur le trône d’Angleterre que William Shakespeare compose le Timon d’Athènes. Comme la plupart des œuvres shakespeariennes, cette pièce est écrite à des fins d’éducation politique pour les dirigeants comme pour le peuple. Les lignes qui suivent ne visent pas à décortiquer l’œuvre de Shakespeare dans le détail, mais son Timon nous donne un certain éclairage sur les puissances financières séculaires qui contrôlent les empires.

Bien que les Européens tendent à le nier, un certain « Esprit de cour » imprègne encore de nos jours non seulement les relations entre les dirigeants politiques, mais il s’immisce jusque dans les rapports quotidiens de la population avec ses représentants. Il s’impose ainsi dans les habitudes culturelles de tout un chacun : ce sont les us et coutumes auxquels nul ne peut déroger sans être empreint d’un vague sentiment de culpabilité. Il s’exprime dans toutes les formes de dérives politiques démagogiques qui étaient déjà présentent dans le monde grec du Timon originel jusqu’à nos jours. Lire la suite

La relativité du temps politique chez Shakespeare

Note : cet article fait partie d’un ensemble de deux articles consacré aux pièces historiques de William Shakespeare. Voir Le Roi Jean de Shakespeare, une histoire contemporaine.

vanitéPourquoi Shakespeare aujourd’hui ?

Il y a quelque chose de pourri dans notre culture ambiante qui fait que la plupart d’entre nous ont « le nez collé au guidon » du présent immédiat, de « l’ici et maintenant ». C’est un problème politique très grave car, comme chacun le reconnaîtra maintenant, notre société se trouve dans une crise générale. Non seulement la pensée courte qui domine notre culture a rendu cette crise possible, mais en plus, elle empêche nos concitoyens de réfléchir rationnellement à la situation et d’en trouver des solutions. Lire la suite

Le Roi Jean de Shakespeare, une histoire contemporaine

Note : cet article fait partie d’un ensemble de deux articles consacré aux pièces historiques de William Shakespeare. Voir La relativité du temps politique chez Shakespeare.

« Tout l’esprit de Plantagenêt : Honneurs, honnêteté et légitimité »

toile-conquérantNos manuels scolaires sont parsemés de noms de personnages historiques, de lieux de batailles, d’alliances entre grandes familles ou États, de dates… Enfants, nous les avons appris en les mémorisant : « L’an 800, couronnement de Charlemagne », par exemple. Souvent les enjeux historiques ne sont évoqués que par les victoires de « conquérants » comme celles de Guillaume que se disputent encore de nos jours la Grande-Bretagne et la Normandie.

Non seulement cette manière factuelle d’enseigner l’histoire fausse notre jugement historique en soi, mais elle a également des implications néfastes sur notre rôle politique. En effet le citoyen d’une république doit pouvoir discerner un bon gouvernement d’un mauvais, et c’est le but de l’éducation historique de lui donner les moyens de choisir en connaissance de cause. Lire la suite

Le corps médium de l’âme

22-Hippocrate-Galien-ad47aOsons une hypothèse : « l’utilité du corps vivant est permettre la pleine expression de l’âme humaine ». Sur les murs de la cathédrale d’Agnani située à 40 km au sud de Rome en Italie, une fresque peinte au XIIIe siècle, Hippocrate enseignant Galien [voir illustration], servira de base pour tenter de valider cette hypothèse. L’artiste a réuni les deux grands médecins que cinq siècles séparent. Il a peint Hippocrate, le doigt levé, délivrant son enseignement à son disciple Galien qui l’écoute avec déférence. Lire la suite