Archives du mot-clé Claude Bernard

Vernadski contre l’écologie

???????????I. Les précurseurs de Vernadski
dans la physiologie française

par Pierre Bonnefoy

L’étude de notre univers avec les yeux de Vernadski nous confronte à un paradoxe fondamental : la coexistence des domaines du non-vivant, du vivant et du pensant. Pourquoi est-ce un paradoxe ? Parce que, tout d’abord, si avec Vernadski et toute la tradition de savants dont il est l’héritier depuis Platon jusqu’à Leibniz et Pasteur, nous réfutons l’hypothèse matérialiste, aucun de ces domaines ne saurait se réduire à un autre : ils sont essentiellement séparés. Le paradoxe survient alors du fait que ces domaines sont néanmoins interdépendants. En montrant que la vie (resp. la pensée) est le facteur géologique le plus puissant de la biosphère (resp. la noosphère), Vernadski nous apprend qu’aucun ne peut véritablement être conçu indépendamment des autres. Où est donc l’Un dans ce multiple ? Ce problème a hanté toute l’histoire de la science, et il continuera à se poser sous des formes sans cesse renouvelées : c’est l’aiguillon métaphysique dont la résolution provoque les révolutions scientifiques. Lire la suite

Au sujet du livre : Claude Bernard, la méthode de la physiologie*

Editions rue d'Ulm Bernard

En cette année 2013, il y a eu trop peu de couvertures médiatiques au sujet du bicentenaire de la naissance de Claude Bernard hormis ce petit livre réunissant les interventions de neuf éminents académiciens et universitaires. Pourtant, Bernard est celui qui a créé l’étude de la physiologie et a marqué durablement la découverte scientifique médicale tout comme son contemporain et ami Louis Pasteur.

En ouvrant ce livre, j’attendais, au moins, un devoir de mémoire au grand homme et j’y trouve un hommage au théoricien Georges Canguilhem : Lire la suite

Auguste Comte : sociologie et contrôle social

auguste-comteLe positivisme est une composante majeure, bien qu’inaperçue la plupart du temps, de la pensée scientifique contemporaine. Et ceci vaut aussi bien pour les sciences dites humaines comme la sociologie, que pour les sciences dites « dures » comme la physique. Or, cette philosophie repose essentiellement sur la mise en place d’une pseudo religion opposée par principe à la découverte scientifique. L’article qui suit invite donc chacun à s’interroger sur ce qu’il pense être un « fait scientifique ». Lire la suite

Eugénisme privé ou comment l’homme devient l’assistant de la sélection naturelle

Léonard Darwin, debout encaque colonial blanc

Léonard Darwin, debout en casque colonial blanc

« Le pouvoir politique devra se rendre compte du fardeau énorme qu’occasionnent les dégénérés à la nation. Les sommes dépensées pour la législation, la justice, la police dépassent 48 000 000 livres par an. Et ce n’est pas la charge totale. Le vaurien ne paie pas son loyer. [...]

Si la communauté avait moins à payer pour les dégénérés de tous genres, les hommes sains auraient moins à payer [...]. Chaque augmentation des impôts est un pas vers la dégénération de la race. »  Leonard Darwin (1), 1922. Lire la suite

L’hypothermie thérapeutique et l’impératif extra-terrestre de l’homme

Sanjay GuptaRepousser la limite qui sépare la vie de la mort est le défi sans cesse renouvelé par des médecins-chercheurs et chaque jour des millions d’hommes ont la vie sauve grâce à de nouvelles découvertes scientifiques médicales. Depuis quelques dizaines d’années l’hypothermie thérapeutique est régulièrement mise en pratique par les équipes de pompiers, de Samu en collaboration avec le personnel soignant spécialisé des hôpitaux sur des cas d’urgences (Accidents vasculaires cérébraux, arrêts cardiaques…).

Aujourd’hui l’hypothermie thérapeutique n’en est qu’à ses balbutiements et peut révolutionner l’approche des soins médicaux et chirurgicaux. Demain cette découverte aura sa place dans les voyages galactiques qui permettront aux hommes de faire de très longs voyages dans un état de « vie oscillante ou ralentie » grâce à un abaissement de leur température corporelle. Lire la suite

Claude Bernard : La méthode expérimentale pour sortir de l’impasse génétique

L’approche actuelle du « tout génétique » nous mène dans une impasse. Et pour cause, les généticiens appliquent la « méthode a priori » des systématiques et empiristes que dénonçait Claude Bernard lors de ses cours de médecine au Collège de France, en 1862-1863. Tout en suivant le faux-débat « matérialisme contre vitalisme », on comprend en quoi la méthode expérimentale de Bernard est supérieure et comment celle-ci devrait devenir une source d’inspiration pour aujourd’hui.

« Celui qui ne connaît pas les tourments de l’inconnu doit ignorer les joies de la découverte qui sont les plus vives que l’esprit de l’homme puisse jamais ressentir. Mais par un caprice de la nature, cette joie de la découverte tant cherchée et tant espérée s’évanouit dès qu’elle est trouvée. [...] C’est pour cela que les esprits qui s’élèvent et deviennent vraiment grands, sont ceux qui ne sont jamais satisfaits d’eux-mêmes dans leurs oeuvres accomplies, mais qui tendent toujours à mieux dans des oeuvres nouvelles. Lire la suite