Archives du mot-clé Charles Darwin

Vernadski contre l’écologie

???????????I. Les précurseurs de Vernadski
dans la physiologie française

par Pierre Bonnefoy

L’étude de notre univers avec les yeux de Vernadski nous confronte à un paradoxe fondamental : la coexistence des domaines du non-vivant, du vivant et du pensant. Pourquoi est-ce un paradoxe ? Parce que, tout d’abord, si avec Vernadski et toute la tradition de savants dont il est l’héritier depuis Platon jusqu’à Leibniz et Pasteur, nous réfutons l’hypothèse matérialiste, aucun de ces domaines ne saurait se réduire à un autre : ils sont essentiellement séparés. Le paradoxe survient alors du fait que ces domaines sont néanmoins interdépendants. En montrant que la vie (resp. la pensée) est le facteur géologique le plus puissant de la biosphère (resp. la noosphère), Vernadski nous apprend qu’aucun ne peut véritablement être conçu indépendamment des autres. Où est donc l’Un dans ce multiple ? Ce problème a hanté toute l’histoire de la science, et il continuera à se poser sous des formes sans cesse renouvelées : c’est l’aiguillon métaphysique dont la résolution provoque les révolutions scientifiques. Lire la suite

L’écologie de l’anti-entropie : la vie sans limite

ou pourquoi la notion d’« équilibre naturel » est une grosse fraude…

ecologie-antientropieLa vie exprime une créativité, d’une manière particulière cependant. Alors que la créativité humaine est un acte volontaire, le progrès de la vie s’opère au cours du processus de l’évolution : de nouveaux organismes émergent, avec de nouveaux systèmes biologiques à plus haute densité de flux d’énergie, et ceux qui ne peuvent accompagner le nouveau système plus énergétique s’éteignent.

Le cas de « l’extinction de masse » la plus récente est une leçon pour l’humanité : pour continuer à exister, nous devons continuer de progresser. Il n’y a pas d’alternative, pas même dans la nature.
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Russell, Wells, Huxley, Comment la science a été dévoyée au XXe siècle

bertrandrusselLe XXe siècle a connu un changement fondamental dans la façon dont la société perçoit la science et ses applications. Contrairement à une idée simpliste souvent répandue, le danger le plus grand ne vient pas de l’extérieur du monde scientifique, mais plutôt de l’intérieur. Ceux qui veulent mettre fin au progrès industriel ou dévoyer la science pour satisfaire leur idéologie ne sont généralement pas des ignares obscurantistes ; ils font partie d’une « élite » déterminée, appliquant une stratégie bien précise pour parvenir à leurs fins. Bertrand Russell, Herbert G. Wells et la famille Huxley sont de parfaits exemples de ce type d’individus. Ne pas prendre leur rôle en compte et se refuser à combattre leurs héritiers aujourd’hui, c’est se condamner à l’impuissance face à l’irrationnel de plus en plus dominant aujourd’hui, des dérives eugénistes aux mouvements antinucléaires. Lire la suite

Le grand mensonge de la surpopulation

 surpopulation« Malthus avait raison, l’enfer, c’est le bébé. Ça tue le développement », écrivait Pascal Riché dans Libération du 30 avril 1992.

Partout se répand le credo anti-populationniste visant à déguiser le génocide des peuples (surtout de couleur et du Sud) en fatalité inévitable. Immoral et criminel ? Certes, mais surtout imbécile et incompétent. La non-résolution de la crise alimentaire actuelle qui tue 24000 personnes par jour, dont 16000 enfants, doit être analysée à la lumière de ce qui est redevenu une politique.

Ce dossier, publié dans Nouvelle Solidarité en septembre 1992, retrace la logique infaillible de Darwin à Cousteau, le développement de l’eugénisme en France, aux Etats-Unis et dans l’Allemagne nazie, en passant par la solution finale d’hier et d’aujourd’hui. Lire la suite

Eugénisme privé ou comment l’homme devient l’assistant de la sélection naturelle

Léonard Darwin, debout encaque colonial blanc

Léonard Darwin, debout en casque colonial blanc

« Le pouvoir politique devra se rendre compte du fardeau énorme qu’occasionnent les dégénérés à la nation. Les sommes dépensées pour la législation, la justice, la police dépassent 48 000 000 livres par an. Et ce n’est pas la charge totale. Le vaurien ne paie pas son loyer. [...]

Si la communauté avait moins à payer pour les dégénérés de tous genres, les hommes sains auraient moins à payer [...]. Chaque augmentation des impôts est un pas vers la dégénération de la race. »  Leonard Darwin (1), 1922. Lire la suite

Claude Bernard : La méthode expérimentale pour sortir de l’impasse génétique

L’approche actuelle du « tout génétique » nous mène dans une impasse. Et pour cause, les généticiens appliquent la « méthode a priori » des systématiques et empiristes que dénonçait Claude Bernard lors de ses cours de médecine au Collège de France, en 1862-1863. Tout en suivant le faux-débat « matérialisme contre vitalisme », on comprend en quoi la méthode expérimentale de Bernard est supérieure et comment celle-ci devrait devenir une source d’inspiration pour aujourd’hui.

« Celui qui ne connaît pas les tourments de l’inconnu doit ignorer les joies de la découverte qui sont les plus vives que l’esprit de l’homme puisse jamais ressentir. Mais par un caprice de la nature, cette joie de la découverte tant cherchée et tant espérée s’évanouit dès qu’elle est trouvée. [...] C’est pour cela que les esprits qui s’élèvent et deviennent vraiment grands, sont ceux qui ne sont jamais satisfaits d’eux-mêmes dans leurs oeuvres accomplies, mais qui tendent toujours à mieux dans des oeuvres nouvelles. Lire la suite